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> de CALONNE, Alembon & Hermelinghen
rdecreton
posté 15/01/2018 à 19:38
Message #21


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Citation (ffoucart @ 14/01/2018 à 02:20) *
"la propension à user et à abuser des dispenses de consanguinité doit évoquer l'éventualité d'une flatteuse ascendance" [...] les marins boulonnais [...] "la marque en guise de signature de Michel HAMY, fils de Nicole de CALONNE, qui évoque quatre tours angulaires d'une fortification". Effectivement, comme c'est dit juste après, "elle n'est pas rare chez des censiers du XVIIe siècle", j'irai même jusqu'à dire qu'elle est très commune dans à peu prés toutes les classes sociales chez les personnes illettrées. François


Bonjour François,

Merci d'avoir précisé vos griefs, ce qui donne l'occasion d'éclairer la lanterne des autres contributeurs intéressés (personnellement ou non, peu importe) par la question dont je vous rappelle qu'elle porte sur l'existence de sources autres que de ROSNY qui peut prêter à discussion. Faute de documents, chacun en est réduit à tenter d'établir un faisceau de présomptions... sans se leurrer outre mesure. Disons que les maigres éléments recueillis et considérations diverses sont en attente dans la boîte à puzzle. Il n'y paraît peut-être pas mais je suis quand même de formation scientifique par choix puisque mes profs me jugeaient douée pour les Lettres...

La lecture intégrale des dispenses de consanguinité montre que les prêtres étaient soucieux de limiter cette pratique bien qu'elle ait été pour eux une source de revenus. Sauf rares exceptions, justement pour les familles plus ou moins titrées, il était toujours exigé des impétrants de ne pas divulguer le moyen d'y parvenir, exigence renforcée, en cas de grossesse et en cours ou d'enfant déjà né, si ce n'était pas pour obtenir plus facilement la dispense. Les avantages de cette pratique n'échappaient pas aux personnes les plus ambitieuses. Je tiens à disposition référence d'une lettre entre deux marchands, pas illettrés du tout, l'un demandant à l'autre s'il sait comment parvenir à marier son enfant à un proche parent. Les HAMY, à l'origine de nombreuses dispenses de consanguinité, ont fait école : les familles qui se sont alliées à eux n'ont pas tardé à les imiter. Voilà pourquoi j'ai prudemment écrit ÉVOQUER L'ÉVENTUALITÉ...
L'endogamie des marins boulonnais résulte évidemment de conditions et de motivations qui leur sont propres. Le point commun est l'entre-soi.
Ce phénomène peut aussi se rencontrer ailleurs. J'ai repéré au moins deux cas analogues dans le Douaisis.

On pourrait écrire un gros livre sur les marques et signatures à travers les âges. J'ai interrogé le personnel des AD59 sur l'existence d'un tel ouvrage. Réponse négative. Globalement, les marques les plus élaborées témoignent de réelles compétences et assise sociale. Mais là encore, rien n'est simple.
Au XVIe siècle, au bas des contrats de mariage, le plus souvent seul le notaire signait même si les comparants ne puissent être suspectés d'analphabétisme. Au XVIIe s., j'ai vu des personnes sachant écrire préférer apposer une (jolie) marque, cas fréquent chez les artisans et certaines corporations : gants, souliers, parties de moulins plus ou moins schématisés pour les plus fréquentes mais il en est des plus originales. Les marques des humbles gens en revanche sont toujours très simples.
J'ai retrouvé au XVIIe s. une marque carrée symbolisant une double enceinte à quatre tours chez un censier du Douaisis, aussi mayeur et patriarche, occupant une cense précisément appelée "cense de la Tour" et pas n'importe laquelle : la Tour de l'Ostrevant à Masny. Sa descendance aussi connaissait le moyen de se marier dans l'entre soi.

Comme les historiens l'ont expliqué, il y a une continuité matérielle entre les villas romaines, les mottes castrales et les demeures seigneuriales, d'une part, les abbayes et les grosses censes d'autre part. Les continuités humaines existent aussi.
Être censier ne s'improvisait pas. Exploiter et diriger une ferme nécessitait de nombreuses connaissances dans plusieurs domaines (polyculture, élevage, gestion, direction de personnel, négociation,...). Les censiers étaient de véritables patrons de PME totalement autonomes, sachant se débrouiller tout seuls en cas de difficultés et exerçant en plus les responsabilités, qui n'étaient pas minces, de mayeur et d'apaiseurs (de conflits dans le Douaisis-Valenciennois).
Il y a évidemment des ruptures généalogiques, tous les fils et filles d'un censier ne succèdent pas à leur père mais le savoir-faire se transmettait et ces familles s'alliaient entre elles, reconstituant le pré carré à la première occasion. La découverte d'une ascendance flatteuse passe souvent par les femmes remontant à une bâtarde mariée à un coq de village (cas de Marguerite de NEDONCHEL dont Robert MUCHEMBLED dans 'Les derniers bûchers" avait bien vu l'arrogance du turbulent meunier et l'impunité dont il bénéficiait). La dégringolade sociale peut être brutale : cas d'une ferme incendiée en 1739, récoltes et cheptel perdus et victime humaine, la famille ne s'en est pas remise (AD59 C 6613), devenant de simples paysans... mais résolus et déterminés en 1817 (AD59 2U1/620).

Dans mon blog, aussi imparfait soit-il, je propose des exemples en évitant les longs développements inutiles ou trop complexes (Ce n'est pas "La Comédie humaine" !) mais en fournissant les références pour que chacun puisse découvrir, vérifier, suggérer des pistes, se faire sa propre opinion et surtout, surtout puiser des idées pour développer sa propre généalogie, faire de belles découvertes. Sans autre prétention.

Cordialement,
Roselyne
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ffoucart
posté 16/01/2018 à 16:17
Message #22


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Roselyne,

Je n'avais pas la certitude qu'il s'agissait de vous, mais ma critique n'était pas personnelle, elle portait sur le contenu. Il est évident que vous aviez des connaissances et des sources, malheureusement vous manquez de profondeur sur certains sujets.

Je suis plus jeune que vous, mais cela fait plus de 25 ans que j'épluche les archives (j'ai commencé à 18 ans), jusqu'à passer un diplôme d'Histoire à côté de mon cursus principal, et à inscrire un sujet de thèse en Histoire du Droit (abandonnée depuis, à la fois pour modification de la période étudiée pour rester dans le cadre du contrat CNRS passé par le labo, et ensuite faute de temps).

Je connais par ailleurs très bien le monde des censiers/fermiers, coqs de village etc... Dont les HAMY (puisque je descends d'Adrien DE HAMY). Vous ne m'apprenez dont rien. Vous commettez d'ailleurs quelques erreurs sur la reproduction sociale dans cette classe sociale, qui a fait l'objet de recherches, dont certaines publiées (reprenez la Revue du Nord, ça se trouve).

Oui, on trouve des alliances avec la petite noblesse: il suffit de reprendre les contrats de mariages du XVIème siècles relevés à Douai ou à Arras pour trouver des alliances entre censiers et filles nobles (et inversement), et artisans et filles nobles (ou de nobles, leur légitimité n'est pas assurée).

Mais si nous retournons sur le cas des CALONNE, force est de constater que la filiation entre Alidor et Annibal n'est affirmée dans aucun acte.

Y a-t-il d'autres actes ou sources? Oui. Il faudrait jeter un coup d'œil aux AN, ainsi qu'aux AR. Sans compter les documents de familles des anciens seigneurs. Il faut alors les pister. Et c'est parfois dans un département bien éloigné (par exemple, et de mémoire, des archives touchant l'Ardèche à chercher en Charente).

Par exemple, j'ai retrouvé des éléments pour mon ascendance (en Haute Loire) dans un inventaire de titres réalisé en Auvergne au XVIème siècle et transcrit et publié récemment. Les documents qui m'intéressait était advenu à cette famille de la Haute Noblesse suite à un échange de droits féodaux réalisé par un ancêtre au début du XVIème siècle. Les reconnaissances antérieurs avaient été transmises au nouveau propriétaire. D'ailleurs, ce même inventaire contient des documents touchant des familles boulonnaises (le Comte d'Auvergne étant aussi Comte de Boulogne).

L'évolution sociale me passionne, et les relations la noblesse et son environnement aussi.

Bien à vous

François

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rdecreton
posté 16/01/2018 à 23:09
Message #23


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Citation (ffoucart @ 16/01/2018 à 16:17) *
vous manquez de profondeur sur certains sujets.


Bonjour François,

Vous soulevez là un réel débat.
Tant qu'on se cantonne aux NMD, BMS, CM, à part les blocages et impasses, il y a peu matière à discussion. Les testaments et dispenses de consanguinité peuvent déjà poser quelques problèmes. Mais dès qu'on s'avise de forcer les autres maigres sources disponibles et plus encore, se hasarder d'écrire un article pour soutenir une association, rendre service aux adhérents de tous niveaux ou finalement tenir un blog, il faut d'abord se demander si le sujet retenu présente vraiment un intérêt pour le généalogiste lambda (quoique), cadrer ensuite le propos et c'est là que les difficultés commencent. Introduction, document lui-même intégral ou extraits, notes, conclusion ou analyse fouillée d'un exemple ou mise en perspective critique de plusieurs documents ? S'en tenir aux généralités ou attirer l'attention sur une particularité locale ? Élargir ou resserrer le sujet ? Faire appel à une documentation ou non ? Vous en connaissez les pièges... Ben, c'est selon... Chaque option a ses avantages, inconvénients et risques. Et un article peut être contrebalancé ou complété par un autre. Et je n'ai pas de directeur de thèse... La généalogie est comme une auberge espagnole : chacun est libre d'y trouver ce qu'il cherche... ou découvre par hasard et il peut toujours reprendre une question à sa guise pour la développer comme il l'entend à la lumière de ses connaissances. Je n'ai pas à juger.
Il est encore une donnée essentielle : l'état du document tout simplement. Le généalogiste fait avec ce qu'il a, le peu qu'il a. Et il sait ou devrait savoir qu'une pièce peut semer le doute dans ses certitudes voire les anéantir. Sachant qu'elles travaillaient sur le parlement de Flandre, j'ai soumis à une chercheuse au CNRS et à un professeur émérite de droit une pièce complètement oubliée qui a radicalement changé leur jugement sur "ces Messieurs du Parlement" lors du départ de Tournai en 1709. In extremis avant une importante communication. Les aléas...
Enfin, il faut trouver le ton pour distraire les lecteurs (nous restons au niveau du loisir récréatif, pas de la thèse) sans froisser personne. Il ne faut jamais perdre de vue que les lecteurs ont des convictions et que le personnage plus ou moins recommandable dont on parle a probablement des descendants qui peuvent se projeter en lui. Jusqu'ici, je n'ai rencontré que des généalogistes ravis de découvrir les turpitudes de leurs aïeux ou collatéraux et de les partager en famille en brodant parfois !
Les trajectoires sociales à travers l'histoire des familles est effectivement passionnante et parfois troublante, de même que l'évolution ou la persistance des mentalités et on ne se plaindra pas si, de plus, elle crée un peu de lien supplémentaire.
Chapitre clos... en attendant des documents probants sur de CALONNE ?
Heu... pourquoi croyez-vous que j'aie posé la question ?

Cordialement,
Roselyne

Ce message a été modifié par rdecreton - 16/01/2018 à 23:10.
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ffoucart
posté 17/01/2018 à 08:08
Message #24


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Pour info, Serge Dauchy était mon directeur de thèse, et j'avais participé au concours pour la création du poste d'ingénieur CNRS chargé du dépouillement des archives du Parlement de Flandre (en fait la réalisation d'un inventaire détaillé). J'étais en concurrence plusieurs personnes dont une amie qui est arrivée première devant moi et a obtenu le poste (elle parlait mieux latin que moi). C'est l'une des raisons principales au fait de ne pas avoir poursuivi ma thèse (j'ai dû chercher du boulot ailleurs, on ne me proposait qu'un poste d'ATER à mi-temps pour un trimestre). Je connais donc très bien les personnes concernées, et j'ai largement eu l'occasion de les mettre en garde contre certains raccourcis dans leurs approches. Quand je parle de manque de profondeur, je veux dire de manque d'informations sur certains sujets qui conduit à passer à côté de certaines problématiques et à des conclusions erronées (je pense notamment à un chercheur émérite, spécialiste de Lille, qui se demandait pourquoi on envoyait les ordures de la ville en Flandre. Je lui ai donc conseillé de lire certaines publications sur l'agriculture flamande au Moyen Age, en lui apprenant qu'elle était en avance sur son temps en ayant abandonné la jachère dès le Moyen Age, donc en ayant besoin d'engrais. Cela a évidemment complètement changé ses perspectives et la encouragé à poursuivre cette recherche, d'où publication ultérieure dans une revue universitaire).

Sinon, je ne suis pas d'accord avec votre approche sur votre blog, mais cela vous regarde, et c'est hors sujet.

Pour en revenir aux CALONNE, il faut aussi compter sur les archives espagnoles. Un aspect de la problématique tient dans le décès d'Alidor à Tripoli en 1591. Cette expédition espagnole en Afrique du Nord est connue et a été étudiée, du moins est mentionnée dans plusieurs publications. Il en découle qu'il y a des archives la concernant, donc probablement sur les ceux qui l'on entreprise, et si pas sur les soldats, au moins sur les officiers.

Je pense en effet que la mention du décès d'Alidor donnée par LA GORGUE vient d'une source directe ou indirecte. Soit mention dans un acte (relief de terre, in passim quelconque...) ou relation de cette expédition militaire.

Concernant la filiation d'Annibal, cela permettrait éventuellement de trouver trace des dernières volontés d'Alidor.

Par ailleurs, je suis un peu étonné de ne pas voir d'étude fine sur la chronologie. On a suffisamment d'éléments pour vérifier l'enchaînement des générations et permettre de vérifier si Annibal peut simplement être le fils d'Alidor. Il est évident que si ce dernier était très jeune lors de la naissance du premier, cela rend cette filiation très improbable. Le manque d'archives ne permet pas de certitude en ce domaine, mais on peut tout de même estimer l'âge des enfants d'Annibal, donc une approximation de la date de son mariage. Et la succession des seigneurs d'Alembon est connue. Donc, c'est faisable.

Bien à vous,

François
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rdecreton
posté 17/01/2018 à 17:14
Message #25


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Citation (ffoucart @ 17/01/2018 à 08:08) *
archives du Parlement de Flandre (en fait la réalisation d'un inventaire détaillé).


Bonjour François,

En fait, il s'agissait avant tout de reconstituer le dernier des 3 volumes (index analytique) permettant d'accéder aux archives du Parlement de Flandre. Ce volume, bien que très lourd - ils étaient prudemment rangés tout en bas des rayonnages - avait inexplicablement disparu. Définitivement.
La tâche consistait donc à reprendre une à une plus de 30000 fiches de l'index numérique, reliées en petits carnets confectionnés avec des papiers récupérés puis cousus en guise de reliure.
Il est alors apparu la grande hétérogénéité de l'ensemble, les fiches ayant été réalisées par plusieurs personnes ne travaillant manifestement pas en équipe, nécessitant de reprendre de nombreux dossiers. Nouveau problème : des dossiers doivent être dédoublés... ou regroupés, des pièces égarées à réintégrer,...

Par la même occasion, il fallait vérifier le reste, des oublis ayant pu se produire comme on a pu le constater dans d'autres séries, et surtout informatiser le tout.
La mise au point a aussi posé quelques difficultés : les points de vue et attentes de l'archiviste, de l'historien, du sociologue et du juriste diffèrent sensiblement. L'informaticien s'efforce de satisfaire le tout.

Concomitamment, il est décidé d'apurer 50 à 60 mètres de cumulus en vue de la réorganisation du magasin à la faveur du déménagement. La surprise est d'y découvrir une part non négligeable des archives du Parlement de Flandre et essentiellement de l'officialité de Cambrai sans compter quelques échevinages, etc... Il s'avère que des pièces (souvent les meilleures) mises au jour proviennent de dossiers déjà cotés. Le travail est très long car ces fonds résiduels ont souffert des mises à l'abri durant la dernière guerre, des pièces ayant même connu une triste fin... Dégâts collatéraux : quelques soucis respiratoires chez les besogneux... La réintégration n'est donc pas encore envisageable. Une connaissance plus fine du Parlement de Flandre s'esquisse cependant.

Merci beaucoup pour vos suggestions sur les de CALONNE en espérant que des chercheurs puissent les exploiter.

Cordialement,
Roselyne
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pmenu
posté 10/02/2018 à 18:20
Message #26


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bonsoir

des interventions précédentes, il conviendrait de déduire que l'on trouve, fin 16è début 17è, dans un rayon restreint
Courtebourne ( = Licques ) Alembon , Herbinghen étant des communes ou paroisses voisines
2 familles CALONNE ou de CALONNE

j' opterais pour 2 branches dont l' aîeul commun reste à déterminer

sous les réserves d' usage.... cela va de soi

cdlt
pierre




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