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> de CALONNE, Alembon & Hermelinghen
pbaccou
posté 23/08/2019 à 12:02
Message #61


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Citation (ffoucart @ 23/08/2019 à 11:15) *
bonjour Philippe,

Merci de votre nouvelle contribution. Compte tenu des dates données, Charles fils d'Hannibal a dû se marier vers 1600, donc naître vers 1570, ce qui fait naître son père vers 1540/1550, ce qui exclut de facto Jean dit Alidor.

On en revient au problème de 1689: il est tout à fait possible que la date soit erronée, et il est probable que le testament de Jean dit Alidor donne le nom de son seul frère, même illégitime, sachant qu'il n'était pas marié. Normalement, Messire est réservé aux chevaliers ou aux prêtres, mais LA GORGUE a pu confondre avec "Mr". Mais sans l'acte difficile de dire ce qu'il en est. Le point positif est que vous n'avez pas trouvé de fils de Charles.

Par contre, je reste incertain concernant le rattachement direct au baron d'Alembon. On trouve déjà pas mal de CALONNE sur le secteur dès 1500 (donc un "bâtard DE CALONNE"). Ce qui rend plus compliqué un rattachement assuré à cette branche plutôt qu'à une autre. cf https://books.google.fr/books?id=45U5jJqNQ-...sny&f=false

Concernant les "b barrés" au XVème siècle:
https://www.persee.fr/doc/bec_0373-6237_1923_num_84_1_448695

Le Jacques DE BOURBON en question, était le fils du prince-évêque de Liège, et était aussi appelé le "bâtard de Liège". Avec une particularité: son père aurait été duc de Bourbon s'il avait survêcu à son frère le Cardinal de Bourbon. On peut comprendre, dans ce contexte particulier, qu'il ait pu être appelé "bâtard de Bourbon". Mais généralement (comme le montre les autres exemples), on prend le nom de la principale seigneurie (les signatures des BOURGOGNE, sont celles des bâtards du Duc).

Evidemment, on en revient au même point, on ne sait pas si le "b barré" étaient exclusivement utilisés par les bâtards à la fin du XVIème siècle.

François


Une petite rectification à mon dernier message: Nicole fut le prénom non d'une tante de Jean de Calonne l'aîné, baron d'Alembon, mais de sa soeur utérine, fille d'un premier mariage de sa mère, Marie de Boubers, avec Jacques du (ou de) Hamel, sgr de Bellenglise. Selon les généalogies subsistantes, cette Nicole du Hamel, que je crois née vers 1510-1525, aurait été dame d'honneur de la reine d'Ecosse Marie Stuart (reine de 1542 à 1567).

Si l'on présume que les prénoms de Charles, Nicole et Suzanne, enfants d'Hannibal, s'expliquent par héritage familial -transmission à des parents "par le sang", comme lorsqu'ils se perpétuent ensuite dans la descendance d'Hannibal-, les Calonne d'Alembon sont des candidats évidents pour un tel héritage. Mais il n'en va pas de même pour les autres branches des Calonne. Comme nous venons de le voir, "Nicole" a fait partie du stock de prénoms transmissibles "par le sang" par Jean d'Alembon l'aîné, mais ce prénom ne venait pas de son père: il n'était donc pas transmissible de cette façon dans les autres branches masculines. Même remarque pour Suzanne, qui venait aussi de Marie de Boubers (la mère de Marie était une Suzanne de Rambures) et pas de Philippe de Calonne, père de Jean d'Alembon.

J'insiste sur ce point, car la pratique de la transmission "par le sang" de prénoms est fréquemment observable en généalogie. Elle est particulièrement manifeste lorsqu'il s'agit de prénoms peu fréquents. J'ai ainsi pu documenter, sur au moins deux siècles (fin XVIe-fin XVIIIe), la transmission du prénom "Hélène" ou de son diminutif "Lénotte", tant par les hommes que par les femmes, dans des familles du Périgord. On peut fournir bien d'autres exemples dans le ressort du forum gennpdc. Cette pratique remonte à l'époque franque où il n'y avait pas encore de distinction entre prénom et nom de famille (cf. Le livre de Régine Le Jan sur "Famille et pouvoir dans le monde franc" et les travaux du regretté Karl-Ferdinand Werner).



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ffoucart
posté 23/08/2019 à 13:52
Message #62


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Citation (pbaccou @ 23/08/2019 à 13:02) *
Citation (ffoucart @ 23/08/2019 à 11:15) *
bonjour Philippe,

Merci de votre nouvelle contribution. Compte tenu des dates données, Charles fils d'Hannibal a dû se marier vers 1600, donc naître vers 1570, ce qui fait naître son père vers 1540/1550, ce qui exclut de facto Jean dit Alidor.

On en revient au problème de 1689: il est tout à fait possible que la date soit erronée, et il est probable que le testament de Jean dit Alidor donne le nom de son seul frère, même illégitime, sachant qu'il n'était pas marié. Normalement, Messire est réservé aux chevaliers ou aux prêtres, mais LA GORGUE a pu confondre avec "Mr". Mais sans l'acte difficile de dire ce qu'il en est. Le point positif est que vous n'avez pas trouvé de fils de Charles.

Par contre, je reste incertain concernant le rattachement direct au baron d'Alembon. On trouve déjà pas mal de CALONNE sur le secteur dès 1500 (donc un "bâtard DE CALONNE"). Ce qui rend plus compliqué un rattachement assuré à cette branche plutôt qu'à une autre. cf https://books.google.fr/books?id=45U5jJqNQ-...sny&f=false

Concernant les "b barrés" au XVème siècle:
https://www.persee.fr/doc/bec_0373-6237_1923_num_84_1_448695

Le Jacques DE BOURBON en question, était le fils du prince-évêque de Liège, et était aussi appelé le "bâtard de Liège". Avec une particularité: son père aurait été duc de Bourbon s'il avait survêcu à son frère le Cardinal de Bourbon. On peut comprendre, dans ce contexte particulier, qu'il ait pu être appelé "bâtard de Bourbon". Mais généralement (comme le montre les autres exemples), on prend le nom de la principale seigneurie (les signatures des BOURGOGNE, sont celles des bâtards du Duc).

Evidemment, on en revient au même point, on ne sait pas si le "b barré" étaient exclusivement utilisés par les bâtards à la fin du XVIème siècle.

François


Une petite rectification à mon dernier message: Nicole fut le prénom non d'une tante de Jean de Calonne l'aîné, baron d'Alembon, mais de sa soeur utérine, fille d'un premier mariage de sa mère, Marie de Boubers, avec Jacques du (ou de) Hamel, sgr de Bellenglise. Selon les généalogies subsistantes, cette Nicole du Hamel, que je crois née vers 1510-1525, aurait été dame d'honneur de la reine d'Ecosse Marie Stuart (reine de 1542 à 1567).

Si l'on présume que les prénoms de Charles, Nicole et Suzanne, enfants d'Hannibal, s'expliquent par héritage familial -transmission à des parents "par le sang", comme lorsqu'ils se perpétuent ensuite dans la descendance d'Hannibal-, les Calonne d'Alembon sont des candidats évidents pour un tel héritage. Mais il n'en va pas de même pour les autres branches des Calonne. Comme nous venons de le voir, "Nicole" a fait partie du stock de prénoms transmissibles "par le sang" par Jean d'Alembon l'aîné, mais ce prénom ne venait pas de son père: il n'était donc pas transmissible de cette façon dans les autres branches masculines. Même remarque pour Suzanne, qui venait aussi de Marie de Boubers (la mère de Marie était une Suzanne de Rambures) et pas de Philippe de Calonne, père de Jean d'Alembon.

J'insiste sur ce point, car la pratique de la transmission "par le sang" de prénoms est fréquemment observable en généalogie. Elle est particulièrement manifeste lorsqu'il s'agit de prénoms peu fréquents. J'ai ainsi pu documenter, sur au moins deux siècles (fin XVIe-fin XVIIIe), la transmission du prénom "Hélène" ou de son diminutif "Lénotte", tant par les hommes que par les femmes, dans des familles du Périgord. On peut fournir bien d'autres exemples dans le ressort du forum gennpdc. Cette pratique remonte à l'époque franque où il n'y avait pas encore de distinction entre prénom et nom de famille (cf. Le livre de Régine Le Jan sur "Famille et pouvoir dans le monde franc" et les travaux du regretté Karl-Ferdinand Werner).


Totalement d'accord. Sauf que l'on trouve aussi des Nicolas DE CALONNE dans le secteur, ce qui donne le prénom Nicole au féminin, et Suzanne/Ozanne peut s'expliquer par une vogue de prénoms hébraïques du fait de la diffusion de la Réforme dans le secteur (qui était un haut lieu du protestantisme). Et une fois que le prénom est entrée dans une famille, il peut se transmettre facilement à d'autres membres, notamment si la première Suzanne est marraine de neveux ou nièces. Donc, sur le principe, il s'agit d'un indice sérieux de rattachement, mais il manque encore un élément, à mon sens, qui permettrait de faire vraiment pencher la balance.

Car pour l'instant, tous les éléments objectifs peuvent s'expliquer autrement que par une descendance avec les CALONNE DE COURTEBOURNE de la branche d'Alembon:
- on a plusieurs CALONNE connus sur le secteur immédiat dès 1400, et il y a plusieurs branches/familles en 1500,
- la détention d'un fief à Alembon n'implique pas une filiation avec les seigneurs du lieu, mais peut avoir été acquis par différente voies (achat, héritage, apport de l'épouse),
- les prénoms donnés ne sont pas suffisamment spécifiques pour que l'on ne puisse pas les retrouver par ailleurs, notamment dans d'autres branches de la même famille (notamment dans la branche de Rodelinghem).

Par ailleurs, il n'est pas absolument certain qu'Hannibal fut un bâtard. Le seul document positif ne mentionne pas directement sa bâtardise qui ne transparaîtrait qu'au niveau de sa signature au travers d'une lettre (cool.gif barrée, et l'étude qui sert de base à cette recherche, celle de LA GORGUE DE ROSNY, semble erronée sur sa filiation.

Il est probable qu'Hannibal appartienne à la descendance des CALONNE DE COURTBOURNE, mais en l'état on ne peut pas l'affirmer pour autant.

François

François
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gutellier
posté 23/08/2019 à 15:08
Message #63


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Citation (ffoucart @ 23/08/2019 à 11:15) *
Compte tenu des dates données, Charles fils d'Hannibal a dû se marier vers 1600, donc naître vers 1570, ce qui fait naître son père vers 1540/1550, ce qui exclut de facto Jean dit Alidor.
François

Bonjour,

J'essaie de mettre à plat la descendance de Charles, fils d'Hanibal, et d'Anne SERGEANT. Leur fille Nicole est décédée le 06.03.1711 à Alembon âgée de 104 ans ce qui la fairait naître vers 1607.
http://archivesenligne.pasdecalais.fr/ark:...ba3972e9bec1b02

Son marie Nicolas Creuse meurt le 19.11.1656 à Quesques âgé de 56ans don né en 1600.
http://archivesenligne.pasdecalais.fr/ark:...dd121faf7cb86f4

La différence d'âge est conforme à la moyenne des mariants de cette époque.
Le dernier enfant connu du couple est Jean né le 14.03.1656 à Quesques, sa mère aurait alors 49ans, c'est beaucoup mais pas impossible. Nicole étant née et décédée à Alembon, le curé avait sous la main les registres de baptèmes, ce qui accroîterait la fiabilité de l'acte.
Tout ceci pour dire que Charles père de Nicole et fils d'Hanibal, ainsi qu'il signe, serait plutôt né vers 1580 et sa femme Anne SERGEANT vers 1585.
Pour rentrer dans les clous de la crédibilité, Hanibal serait, à mon avis, né vers 1553 avant le mariage donc de Jean l'aîné De CALONNE avec Catherine LEFEBVRE De St-REMY.

Guillaume wink.gif

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pbaccou
posté 23/08/2019 à 15:08
Message #64


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Citation (pbaccou @ 23/08/2019 à 10:14) *
Jean/Alidore de Calonne n'est pas mort en 1591, mais en 1590, et pas à Tripoli de Libye, mais à Tripoli de Syrie. C'est ce qui ressort de la généalogie de la BNF déjà citée (BNF, Ms fr. 30956, Cabinet d’Hozier 75): "Jean de Calonne [fils de Jean et de Catherine de Saint-Remy] fit son testament avant de partir pour le [sic] Terre sainte le 7e may 1589, mourut en Tripoly le 9e avril 1590 sans estre marié";


Nouvelle rectification: après relecture du document sur gallica, le décès est daté du "9e aoust" et non du 9 avril. Merci à Philippe Rulkin de m'avoir permis cette correction.
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ffoucart
posté 23/08/2019 à 15:50
Message #65


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Citation (gutellier @ 23/08/2019 à 16:08) *
Tout ceci pour dire que Charles père de Nicole et fils d'Hanibal, ainsi qu'il signe, serait plutôt né vers 1580 et sa femme Anne SERGEANT vers 1585.
Pour rentrer dans les clous de la crédibilité, Hanibal serait, à mon avis, né vers 1553 avant le mariage donc de Jean l'aîné De CALONNE avec Catherine LEFEBVRE De St-REMY.

Guillaume wink.gif


L'âge de 104 ans est probablement exagéré, mais on peut retenir un mariage vers 1610 pour Charles (peut-être dès 1605), donc une naissance pour lui vers 1580, vous avez raison. Cela ne change toutefois rien aux conclusions, puisqu'il semble exclu qu'Hannibal puisse être le fils de Jean dit Alidor, car né vers 1550, donc avant la naissance ou pendant la petite enfance de Jean dit Alidor. Et nous sommes bien d'accord sur ce point. Personnellement, je vois plutôt les hommes se marier vers 30/35 ans, mais ce n'est qu'un avis personnel et qui est loin d'être toujours corroboré. Mais c'est généralement valable pour les familles nobles, à fortiori au Moyen Age (quand on dispose des âges).

François
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pbaccou
posté 23/08/2019 à 16:29
Message #66


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Citation (ffoucart @ 23/08/2019 à 16:50) *
Citation (gutellier @ 23/08/2019 à 16:08) *
Tout ceci pour dire que Charles père de Nicole et fils d'Hanibal, ainsi qu'il signe, serait plutôt né vers 1580 et sa femme Anne SERGEANT vers 1585.
Pour rentrer dans les clous de la crédibilité, Hanibal serait, à mon avis, né vers 1553 avant le mariage donc de Jean l'aîné De CALONNE avec Catherine LEFEBVRE De St-REMY.

Guillaume wink.gif


L'âge de 104 ans est probablement exagéré, mais on peut retenir un mariage vers 1610 pour Charles (peut-être dès 1605), donc une naissance pour lui vers 1580, vous avez raison. Cela ne change toutefois rien aux conclusions, puisqu'il semble exclu qu'Hannibal puisse être le fils de Jean dit Alidor, car né vers 1550, donc avant la naissance ou pendant la petite enfance de Jean dit Alidor. Et nous sommes bien d'accord sur ce point. Personnellement, je vois plutôt les hommes se marier vers 30/35 ans, mais ce n'est qu'un avis personnel et qui est loin d'être toujours corroboré. Mais c'est généralement valable pour les familles nobles, à fortiori au Moyen Age (quand on dispose des âges).

François


Tout à fait d'accord sur la probable exagération de l'âge au décès (c'est pourquoi je proposais la fourchette 1607-1615 pour la naissance de Nicole). Sur l'âge au mariage des hommes, je crois retenir de mes souvenirs de lecture que le mariage tardif, vers 25-35 ans (pour les femmes aussi), est plutôt une innovation du 17e siècle (disons après le Concile de Trente). Au Moyen Âge j'ai personnellement relevé beaucoup d'exemples de mariages bien plus précoces. A la Renaissance, cela a dû être la même chose. Jean de Calonne, baron d'Alembon, marié en 1554, était né en 1532 ou 1533 : donc seulement 21 ou 22 ans à son mariage.
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ffoucart
posté 23/08/2019 à 17:29
Message #67


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Citation (pbaccou @ 23/08/2019 à 17:29) *
Tout à fait d'accord sur la probable exagération de l'âge au décès (c'est pourquoi je proposais la fourchette 1607-1615 pour la naissance de Nicole). Sur l'âge au mariage des hommes, je crois retenir de mes souvenirs de lecture que le mariage tardif, vers 25-35 ans (pour les femmes aussi), est plutôt une innovation du 17e siècle (disons après le Concile de Trente). Au Moyen Âge j'ai personnellement relevé beaucoup d'exemples de mariages bien plus précoces. A la Renaissance, cela a dû être la même chose. Jean de Calonne, baron d'Alembon, marié en 1554, était né en 1532 ou 1533 : donc seulement 21 ou 22 ans à son mariage.


Concernant le Moyen Age, je pense que la situation sociale des intéressés influait beaucoup sur l'âge au mariage (sachant que le Moyen Age, c'est 1000 ans, donc on ne parle généralement que des derniers siècles).

J'ai lu plusieurs études abordant le sujet dans la Noblesse et les classes privilégiées. La plupart du temps, le mariage intervient lorsque l'homme a une situation sociale, donc hérite, est armé chevalier ou pourvu d'une charge. C'est ce qui explique un mariage plus tardif pour les hommes, généralement vers la trentaine. Mais en ce qui concerne les épouses, c'est l'inverse: elles se marient souvent à peine pubères. D'où un écart d'âge important dans le couple (20 ans n'est pas si rare), et une mémorialité et une sociabilité différenciée entre la branche paternelle et la branche maternelle. Il est observé, et bien connu, que les hommes de l'époque étaient plus proches de leurs oncles maternels que paternels. Outre le fait que la différence d'âge était moindre (quelquefois ils avaient le même âge, ou peu s'en faut), une partie non négligeable des parents paternels étaient décédés, notamment les grand-parents. Dans les enquêtes de noblesse de l'époque, c'est parfaitement clair car les impétrants sont beaucoup mieux informés sur la famille de leur mère que de leur père.

J'ai trouvé un bon résumé de la situation:
http://lumiere-du-moyen-age.e-monsite.com/...le-mariage.html

Je ne connais pas d'exemple dans mes ascendants, avant 1600, mais j'ai une grand tante en Ardèche/Haute-Loire qui s'est mariée à 14 ans en 1650. Son mari (le frère de mon ancêtre qui s'est lui marié en 1666 et son épouse a été baptisée en 1645) devait être nettement plus âgé qu'elle, car il était l'aîné, et le premier garçon à se marier (plusieurs de ses soeurs étaient mariées avant lui, la première a été fiancée en 1632, mais s'est mariée avec un autre en 1642). Les parents se sont mariés par contrat en 1616 (non retrouvé, mais dixit le maintenu de noblesse). Donc le premier fils a dû naître vers 1620 (mon ancêtre probablement vers 1630/1635, il décède en 1694). Cela ferait une différence d'âge d'environ 15 ans. A noter que les grand-parents paternels se sont mariés par contrat en 1558 (1568 dans le maintenu de noblesse, mais corrigé dans un article par LA ROQUE qui a pu consulter le contrat de mariage). Donc en ce qui concerne mon ancêtre marié en 1666, ses parents se sont mariés en 1616 et ses grand-parents paternels en 1558, soit 108 ans avant lui. Son épouse, c'est bien différent: parents mariés vers 1645 (elle est la première née), ses grand parents maternels en 1601 (j'ai un résumé du contrat), et la génération précédente de cette branche respectivement en 1567 et 1572. Il s'agissait de notables (notaires, officiers locaux, petite noblesse).

François

Ce message a été modifié par ffoucart - 23/08/2019 à 17:45.
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pbaccou
posté 24/08/2019 à 16:21
Message #68


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[/quote]
Totalement d'accord. Sauf que l'on trouve aussi des Nicolas DE CALONNE dans le secteur, ce qui donne le prénom Nicole au féminin, et Suzanne/Ozanne peut s'expliquer par une vogue de prénoms hébraïques du fait de la diffusion de la Réforme dans le secteur (qui était un haut lieu du protestantisme). Et une fois que le prénom est entrée dans une famille, il peut se transmettre facilement à d'autres membres, notamment si la première Suzanne est marraine de neveux ou nièces. Donc, sur le principe, il s'agit d'un indice sérieux de rattachement, mais il manque encore un élément, à mon sens, qui permettrait de faire vraiment pencher la balance.

Car pour l'instant, tous les éléments objectifs peuvent s'expliquer autrement que par une descendance avec les CALONNE DE COURTEBOURNE de la branche d'Alembon:
- on a plusieurs CALONNE connus sur le secteur immédiat dès 1400, et il y a plusieurs branches/familles en 1500,
- la détention d'un fief à Alembon n'implique pas une filiation avec les seigneurs du lieu, mais peut avoir été acquis par différente voies (achat, héritage, apport de l'épouse),
- les prénoms donnés ne sont pas suffisamment spécifiques pour que l'on ne puisse pas les retrouver par ailleurs, notamment dans d'autres branches de la même famille (notamment dans la branche de Rodelinghem).

François
[/quote]


Nicolas, prénom masculin assez répandu au XVIe siècle, n'est pas Nicole, prénom féminin plus rare. Selon ce que j'ai pu observer, en général, -il peut y avoir des exceptions mais elles sont rares-, une transmission de prénom "par le sang" s'effectue d'un porteur de même sexe à un porteur de même sexe, et non d'un porteur de la version masculine à un porteur de la version féminine ou vice-versa.

En regardant d'un peu plus près, on peut se rendre compte que ni les autres familles de Calonne existantes au XVIe siècle, ni les autres branches des Calonne de Courtebourne n'offrent une possibilité crédible de transmission familiale simultanée des prénoms Charles, Nicole et Suzanne.

*Calonne ou Van Caloen de Bruges et de Tournai: on y trouve quelques Nicolas mais, à ma connaissance, pas de Charles ni de Nicole ou Suzanne au XVIe siècle. Bruges et Tournai sont à environ 120 km d'Alembon.

*Calonne d'Avesnes: ils étaient établis autour d'Abbeville et de Rue, à 80-100 km d'Alembon; parmi eux, quelques Nicolas, un Charles isolé, pas de Nicole ni de Suzanne.

*Calonne de Leulinghem et de Cocquerel, branche bâtarde des Calonne de Courtebourne. Leulinghem est à une vingtaine de km d'Alembon, ce qui pourrait convenir pour expliquer l'origine d'Hannibal. Toutefois, on ne voit pas de Charles dans cette branche ni de Suzanne. On trouve seulement un Nicolas isolé et, certes, une Nicole, épouse vers 1535 d'Antoine Le Vadre (ou Le Voidre, Le Woidre, ...) qui fut bailli d'Ardres sous l'autorité du roi d'Angleterre; mais le prénom de cette Nicole, selon toute vraisemblance, ne venait pas des Calonne mais de sa mère, Jeanne Groul, car on trouve à la même époque, dans la famille Groul, une Nicole, soeur et héritière d'un Jean et mariée, dans la 1e moitié du XVIe siècle, à Flour de Fretun (ou Fertin, Fretin); les autres Calonne de Leulinghem ne descendaient pas de Jeanne Groul: le prénom Nicole n'a donc pas pu être chez eux transmissible par le sang.

*Calonne, sgrs de Courtebourne et de Bouvelinghem, branche aînée issue d'Antoine de Calonne, frère de Philippe de Calonne d'Alembon. Bouvelinghem est à une quinzaine de km d'Alembon et Courtebourne à 2 ou 3 km seulement, mais il n'y a nulle trace dans cette branche de Nicole (ou de Nicolas), ni de Suzanne; on trouve bien, assez tardivement, un Charles (+ 1695), toutefois son prénom ne venait pas des Calonne de Bouvelinghem mais de sa mère, Marguerite de Belloy, fille d'un Charles et soeur d'un autre Charles.

*Calonne, sgrs de Nielles, Landrethun, Rodelinghem, seigneuries à 10-20 km d'Alembon: branches cadettes encore subsistantes au milieu du XVIe siècle, moins bien connues mais où je n'identifie pas de Charles, Nicole ou Nicolas, ni Suzanne.

J'ai déjà dit dans un précédent message que Nicole et Suzanne, prénoms attestés dans la famille de Jean d'Alembon l'aîné, venaient de sa mère et pas de son père. Il en va de même pour Charles: pas de proches parents prénommés Charles chez les Calonne du côté de Philippe de Calonne, père de Jean; en revanche, il y en a au moins cinq chez les Du Hamel de Bellenglise, descendants du premier mariage de Marie de Boubers, mère de Jean.

Rien dans tout cela, à mon avis, qui fournisse une raison sérieuse de préférer croire à une hypothétique origine bâtarde d'Hannibal dans ces autres familles ou dans ces autres branches portant le nom de Calonne.

Faire d'Hannibal un rejeton bâtard des Calonne d'Alembon répond en revanche aux critères d'une bonne preuve: forte vraisemblance géographique; forte cohérence onomastique (la transmission familiale "par le sang" simultanée de trois prénoms suffisamment peu fréquents pour que cette transmission soit significative); cohérence avec l'affirmation, manifestement non inventée de toutes pièces, de La Gorgue-Rosny; respect du principe du rasoir d'Ockham ("pourquoi chercher une explication compliquée quand il y en a une plus simple ?").

Un dernier élément à apporter au dossier: Hannibal fut, au Moyen Âge et à la Renaissance, un "prénom de bâtard"; tous les Hannibal n'étaient pas bâtards, mais une proportion significative d'entre eux le furent. Le prénom d'Hannibal de Calonne est donc en lui-même une marque supplémentaire de son origine ("Les bâtards de chevaliers continuèrent de conserver leur allure romanesque au XVe siècle, au XVIe et au commencement du XVIIe, époques où on leur donne des prénoms tirés de la Bible : Salomon, David, Absalon, Melchior ; de la mythologie : Hercule, Diane ; des poèmes de l’Antiquité grecque et latine : Hector, Annibal, Castor ; des romans de chevalerie : Roland, Olivier, Arthus, Lancelot, Tristan, Perceval, Sidrac": Edouard Poncelet, introduction à Œuvres de Jacques de Hemricourt, t. 3, Bruxelles, 1931, p. CCLI-CCLII).







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ffoucart
posté 25/08/2019 à 10:24
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J'ai jeté un coup d'oeil au dossier CALONNE de D'HOZIER. Les informations viennent de la généalogie donnée à l'appui de la requête. Il n'y a pas d'actes fournis concernant cette branche et période, susceptibles d'être vérifiés, et elle ne concerne pas les impétrants. Accessoirement, j'ai consulté d'autres dossiers, et les généalogies sont parfois erronées.

Je resterai donc prudent sur les informations données dans la généalogie, car non de première main, et d'une qualité inconnue.

Sinon, y figure un frère de Jean dit Alidor, Gédéon, mort à marier, et un oncle, Charles, curé d'Alembon et chanoine de ND de Boulogne, mort en 1621 âgé de 88 ans.

Philippe,

La règle de transmission des prénoms n'a plus rien de systématique depuis des siècles, et les prénoms peuvent "sauter" d'une famille à l'autre, notamment par l'adoption du prénom du parrain ou de la marraine (et indépendamment du sexe du nouveau-né). On le constate facilement dans les BMS. Et les témoignages de l'époque le confirme. Le grand changement est intervenu vers 1300, probablement lié à l'adoption de noms de familles héréditaires. Enfin, je ne vais pas pousser le développement. Mais il est d'autant moins surprenant de voir des prénoms transmis par les parrains et marraines que ces derniers ont un niveau social supérieur à la famille du baptisé. Ici, les prénoms sont ceux de la famille seigneuriale du lieu, ce qui est justement un cas typique de transmission des prénoms entre différentes familles. Or Hannibal était un laboureur aisé, ce qui accroît d'autant la possibilité de ce genre de transfert (la famille seigneuriale étant souvent sollicitée, elle refusait d'autant moins que la famille demandeuse avait une certaine importance). A fortiori lorsque le laboureur exploitait les terres du seigneur (j'ai de très beaux exemples en ce sens).

On ne peut donc pas trop se baser sur la transmission par le sang des prénoms, car ce n'est absolument pas fiable pour cette époque (contrairement au Haut Moyen Age, où cette règle est rarement contournée).

Retrouver les mêmes prénoms est l'indice d'un lien, mais rien de plus. Et la nature du lien n'est pas explicitée. En fait, il faudrait connaître les parrains et marraines des enfants d'Hannibal, ce qui paraît compliqué.

Accessoirement, si Charles DE CALONNE est décédé en 1621, son testament (s'il existe), pourrait apporter des éléments.

François
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ahonvault
posté 25/08/2019 à 16:07
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"Sinon, y figure un frère de Jean dit Alidor, Gédéon, mort à marier, et un oncle, Charles, curé d'Alembon et chanoine de ND de Boulogne, mort en 1621 âgé de 88 ans. Philippe"

Bonjour à tous
Catherine de St-Rémy, veuve et relict de Jehan de Calonne, baron d'Alembon et Hermelinghen, a rédigé un testament le 03/11/1590 (Gros des notaires de St-Omer, 4E5/33) et un codicille à la suite, le 05/12/1590.
En voici des extraits :
"Catherine de St-Rémy, dame douairière d'Alembon et d'Ermelinguen, vesve et relict de messire Jehan de Callonne sieur et baron desdictz lieux, estant en ceste ville et cité de St-Omer … ordonne mon testament …sans néantmoings desroger à cellui que j'ai faict conjoinctement avecq mondict feu sieur et mari … Je donne et laisse à Jehan de Calonne, sieur et baron d'Alembon et d'Ermelinghen, mon fils aisné absent, certain fief et noble ténement nommé le fief du Pe......., acquis de monsieur le comte Lamoral, seigneur de Fiennes … à condition que s'il allast de vie par trépas sans dellaisser hoir vivant procréé en léal mariage, ledict fief retournera par ladicte forme de donnation testamentaire à ma fille Marthe, femme et espouze de Claude de Gauton, escuier, sieur de Moulon ou ses hoirs …Cy j ??? touttes les armes qui furent et appartindrent à mon fils Gédéon de Callonne. A madame de Caulincourt*, ma fille aînée … je lui donne une bague d'or garnie d'une pierre de diamant que mondit filz d'Alembon m'a envoyé du grand Caire d'Egipte … A ma fille de St Cler*, je lui donne une male avecq tout le linge qui est en icelle et qui fut et appartint à mondit filz Gédéon. A ma fille de Crespie, je lui donne tout le linge estant dans la malle près de mon lict. Et, à madite fille Marthe, lui ay donné et donne ung grand coffre de ba ??? estant audit château d'Alembon … A ma fille Suzanne, ay donné et donne la somme de xxxiij escus d'or sol, ung escu de rente … A Madamoiselle de Roch ????, je donne une robe de cha ??? et une coiffure de velours servant à une femme vesve. A Monsieur de Hesce, mon ???, ay donné et donne ung accoustrement complet de drap noir …
Le troisiesme de déc novembre mvc quattre vingts dix.

De Saint Rémy
Gédéon de Calonne, fils puîné est cité dans le terrier de Miraulmont en1592, ce qui donne une fourchette de décès 1582-1590.
La dame de Caulincourt est Anne de Calonne qui, veuve de Jehan du Plessy, a épousé en secondes noces Michel-Anne de ROUSSE, seigneur de St-Clerc, par contrat Dubuir, Boulogne, AD , le 19/01/1581. 4E48/107).

Quant au codicille du 05/12/1590, il m'interpelle mais je laisse aux éminents érudits qui mènent les échanges, le soin de l'interpréter :
Le cincquiesme jour de novembre mvc iiiixxdix, ladite dame … recommande audit sieur d'Alembon, son filz, ung joeusne enffant qu'elle n'at voulu nommer et luy sera no[mmé ?] par ladite demoiselle d'Alembon, sa sœur. Et sy, audit enffant, il serve de père et ait sa mère en recommandation, comme aussi luy recommande ladite Jehenne Pidanche, affin qu'elle trouve tant mieulx son party de mariaige.
De Saint-Rémy
Cordialement.
Alain




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pbaccou
posté 25/08/2019 à 19:57
Message #71


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Citation (ffoucart @ 25/08/2019 à 11:24) *
Il n'y a pas d'actes fournis concernant cette branche et période, susceptibles d'être vérifiés (...)

Sinon, y figure un frère de Jean dit Alidor, Gédéon, mort à marier, et un oncle, Charles, curé d'Alembon et chanoine de ND de Boulogne, mort en 1621 âgé de 88 ans.
(...)
Accessoirement, si Charles DE CALONNE est décédé en 1621, son testament (s'il existe), pourrait apporter des éléments.


1) Pour pouvoir répondre de façon pertinente, il faudrait que vous précisiez de quelle branche et période il s'agit. Si, comme je crois le comprendre, vous faites allusion aux Calonne d'Alembon, il y a en réalité des documents, disponibles par ailleurs, qui permettent de confirmer le schéma généalogique communiqué par l'abbé de Courtebourne et complété par des additions manuscrites de D'Hozier ou d'un de ses collaborateurs. Je peux en communiquer les références à ceux que cela intéresse.

2) Charles de Calonne, fils de Philippe et frère cadet de Jean, baron d'Alembon, fut en effet curé d'Alembon: j'ai relevé son nom, sans guère plus (faute de temps pour déchiffrer l'acte), il y a fort longtemps dans un acte notarié de Cocquempot, notaire de Guînes, vers 1615-1620. S'il est mort en 1621 -ce que je ne vois guère de raison de mettre en doute-, un éventuel testament pourrait être recherché soit dans les minutes de Cocquempot, soit dans celles de son successeur Antoine Maressal (AD Pas-de-Calais, cote 4 E 76/72 pour la période 1621-1622). Il y a en 4 E 76/11 un répertoire de Cocquempot et Maressal.
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prulkin
posté 25/08/2019 à 20:15
Message #72


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Citation (ahonvault @ 25/08/2019 à 17:07) *
"

Bonsoir ,

Le testament dont vous parlez est très intéressant et inédit !!!!
Possédez-vous des photographies des documents cités ou est-ce une simple copie issue d'un registre ?

A suivre

Ce message a été modifié par dlarchet - 25/08/2019 à 22:09.
Raison de l'édition : suppression citation inutile puisque intégrale
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pbaccou
posté 25/08/2019 à 21:17
Message #73


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Citation (ahonvault @ 25/08/2019 à 17:07) *
"Sinon, y figure un frère de Jean dit Alidor, Gédéon, mort à marier, et un oncle, Charles, curé d'Alembon et chanoine de ND de Boulogne, mort en 1621 âgé de 88 ans. Philippe"

Bonjour à tous
Catherine de St-Rémy, veuve et relict de Jehan de Calonne, baron d'Alembon et Hermelinghen, a rédigé un testament le 03/11/1590 (Gros des notaires de St-Omer, 4E5/33) et un codicille à la suite, le 05/12/1590.


Très intéressant ! Y aurait-il une version complète qui puisse être mise à disposition sur ce forum ?
Dans l'immédiat, cela nous apprend plusieurs choses:

*Avant le décès de Jean de Calonne, donc vers 1580, celui-ci et sa femme Catherine de Saint-Remy ont fait un testament commun.
*Il se confirme que leur fils Jean de Calonne est parti pour aller en Orient, à une date probablement antérieure d'au moins un an à novembre 1590. Nous savons maintenant qu'une des étapes de son voyage fut Le Caire, d'où il envoya une bague en or à sa mère. Si, comme le dit la généalogie du Cabinet d'Hozier, il est mort à Tripoli le 9 août 1590, cela signifie sans doute qu'il effectuait son voyage de retour; il ne semble pas anormal que la nouvelle de son décès ne soit pas encore parvenue à sa mère au début de novembre de la même année.
*Catherine a recommandé à son fils Jean un jeune enfant récemment né en lui demandant de s'en occuper comme le ferait un père, ce qui est aussi demandé par la mère, Jeanne Pidanche, afin que celle-ci, n'ayant pas charge d'enfant, trouve plus facilement à se marier. Tout cela ressemble fort à la naissance d'un enfant naturel de Jean de sexe inconnu, conçu juste avant son départ pour l'Orient. Mais la chronologie s'oppose à ce que cet enfant soit identifié à Hannibal de Calonne.

Deux précisions:
-"Madame de Caulincourt" n'est pas Anne de Calonne mais Renée d'Ailly, fille aînée de Catherine mais née d'un premier mariage; cette Renée épousa par contrat, en novembre 1571, Robert, sgr de Caulaincourt (cf. généalogie de Caulaincourt du Nobiliaire de Picardie, dressée sur preuves).
-l'époux de Marthe s'appelait Claude (de) Genton.

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vlecuyer
posté 26/08/2019 à 08:11
Message #74


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Bonjour,

Citation (ahonvault @ 25/08/2019 à 17:07) *
Catherine de St-Rémy, veuve et relict de Jehan de Calonne, baron d'Alembon et Hermelinghen, a rédigé un testament le 03/11/1590 (Gros des notaires de St-Omer, 4E5/33)
en galerie de la part d'Alain :
page 1
page 2
page 3
page 4
page 5
page 6


--------------------
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ffoucart
posté 26/08/2019 à 09:49
Message #75


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Citation (pbaccou @ 25/08/2019 à 20:57) *
1) Pour pouvoir répondre de façon pertinente, il faudrait que vous précisiez de quelle branche et période il s'agit. Si, comme je crois le comprendre, vous faites allusion aux Calonne d'Alembon, il y a en réalité des documents, disponibles par ailleurs, qui permettent de confirmer le schéma généalogique communiqué par l'abbé de Courtebourne et complété par des additions manuscrites de D'Hozier ou d'un de ses collaborateurs. Je peux en communiquer les références à ceux que cela intéresse.

2) Charles de Calonne, fils de Philippe et frère cadet de Jean, baron d'Alembon, fut en effet curé d'Alembon: j'ai relevé son nom, sans guère plus (faute de temps pour déchiffrer l'acte), il y a fort longtemps dans un acte notarié de Cocquempot, notaire de Guînes, vers 1615-1620. S'il est mort en 1621 -ce que je ne vois guère de raison de mettre en doute-, un éventuel testament pourrait être recherché soit dans les minutes de Cocquempot, soit dans celles de son successeur Antoine Maressal (AD Pas-de-Calais, cote 4 E 76/72 pour la période 1621-1622). Il y a en 4 E 76/11 un répertoire de Cocquempot et Maressal.


Je veux dire que cette partie de la généalogie n'est pas justifiée au dossier par des copies d'actes, contrairement à d'autres parties de cette généalogie.

Ce que je voulais laisser entendre est que Charles est aussi susceptible d'être le père d'Hannibal (être religieux n'a jamais empêché d'avoir des enfants). Et comme il est décédé en 1621, il y a peut-être des actes le concernant qui pourrait donner une idée de la filiation d'Hannibal.

Concernant le testament de Catherine DE SAINT REMY apporte pas mal d'élèments, car outre le fait qu'on a la preuve du séjour de son fils Jean en Egypte, le codicille laisse entendre que Jean dit Alidor ait pu être le père de l'enfant (d'une servante?) né peu avant (car non nommé).

Bien sûr, le lien n'est pas explicite, et on peut aussi envisager une forme d'adoption (le cas existe, même si rare). De toutes façons, il ne peut s'agir d'Hannibal, qui devait déjà être marié en 1590.

François
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prulkin
posté 26/08/2019 à 12:11
Message #76


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Citation (vlecuyer @ 26/08/2019 à 09:11) *
Bonjour,

Citation (ahonvault @ 25/08/2019 à 17:07) *
Catherine de St-Rémy, veuve et relict de Jehan de Calonne, baron d'Alembon et Hermelinghen, a rédigé un testament le 03/11/1590 (Gros des notaires de St-Omer, 4E5/33)
en galerie de la part d'Alain :
page 1
page 2
page 3
page 4
page 5
page 6

Bonjour ,

Un très grand merci pour ces précieux documents mis en ligne.
Un grand merci bien sûr à Alain Honvault pour la présentation du document issu de ses recherches.
La signature d'Hannibal de Calonne a déclenché pas mal d'informations complémentaires concernant ce personnage et la famille De Calonne d'Alembon.Et je pense que ce n'est pas terminé !

A suivre encore

Philippe Rulkin
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jvasseur
posté 26/08/2019 à 13:37
Message #77


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Bonjour,


A noter cet Hannibal DE CALONNE qui ne paraît avoir à première vue aucun rapport...
Excepté peut-être qu'on est dans le voisinage de Montreuil-sur-Mer.

" Le 22 novembre 1597, RENONCIATION par noble homme Hannibal DE CALONNE, homme d'armes de la compagnie du seigneur de Maigneux, gouverneur pour le roi des ville et citadelle de "Monstereul", à la communauté de biens qui existait, même depuis sa majorité, entre lui et sa mère, Martine DE NUART, moyennant le versement à lui fait par cette dernière de 100 écus, qu'il a employé à l'achat d'armes et de chevaux, pour le service de sa majesté..."

---- Mémoires de la Société académique d'archéologie, sciences et arts du département de l'Oise, 1930 (T26,PART2) page 227 - Documents extraits des minutes de Maître Anne ROBERT, notaire à Marseille-en-Beauvaisis (1597-1627) ----


Nota : le seigneur de Maigneux est Charles DES ESSARS. (Nobiliaire de Picardie De Jean ou Francois Haudicquer de Blancourt)


Cordialement,
Joël

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ffoucart
posté 26/08/2019 à 15:17
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Merci Joël,

Précisons que Charles DES ESSARTS, seigneur de Maigneux (ou Meigneux), était gouverneur de Montreuil sur Mer où il décéda (cf le Père ANSELME) et il était ligueur. Accessoirement, son épouse était Jeanne BLONDEL DE JOIGNY, fille du baron de Brexent, ce qui renvoit à la baronnie de Bellebrune, fief des BLONDEL.

François

Ce message a été modifié par ffoucart - 26/08/2019 à 15:18.
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pbaccou
posté 26/08/2019 à 18:44
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Citation (jvasseur @ 26/08/2019 à 14:37) *
Bonjour,


A noter cet Hannibal DE CALONNE qui ne paraît avoir à première vue aucun rapport...
Excepté peut-être qu'on est dans le voisinage de Montreuil-sur-Mer.


Merci à l'auteur de cette trouvaille ! Deux observations:

1) Pas d'indication qui permette d'identifier cet Hannibal avec celui d'Alembon, mais rien qui s'y oppose non plus:
*on trouve fréquemment à cette époque des bâtards nobles dans le métier des armes;
*la mention "noble homme" révèle une position sociale sortant de l'ordinaire, mais sans plus;
*notre Hannibal n'aurait pas eu à se déplacer beaucoup pour prendre du service dans la région de Montreuil-sur-Mer (environ 45 km).

2) Ce qui est plus surprenant, c'est l'identité de sa mère, "Martine de Nuart".
*pas de mention sur Google ni sur Google Books concernant d'éventuels autres membres de cette famille: on trouve seulement la référence des Mémoires de l'Oise;
*pas davantage de "(de) Nuart" sur Gallica;
*sur geneanet, aucun "de Nuart" et quelques rares "Nuart", surtout espagnols ou britanniques;
*aucune famille de ce nom dans le répertoire des séries généalogiques de la BNF par Ulysse Robert.
A mon avis, il y a tout lieu de penser que le nom de famille de la mère d'Hannibal est inexact: probablement une erreur de lecture ou d'impression.

Si quelqu'un a une idée de nom modifié qui puisse la rattacher à une famille connue ...


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pbaccou
posté 26/08/2019 à 21:06
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Citation (ahonvault @ 25/08/2019 à 16:07) *
Catherine de St-Rémy, veuve et relict de Jehan de Calonne, baron d'Alembon et Hermelinghen, a rédigé un testament le 03/11/1590 (Gros des notaires de St-Omer, 4E5/33) et un codicille à la suite, le 05/12/1590.

En voici des extraits :
"Catherine de St-Rémy, dame douairière d'Alembon et d'Ermelinguen, vesve et relict de messire Jehan de Callonne sieur et baron desdictz lieux, estant en ceste ville et cité de St-Omer … ordonne mon testament …sans néantmoings desroger à cellui que j'ai faict conjoinctement avecq mondict feu sieur et mari … Je donne et laisse à Jehan de Calonne, sieur et baron d'Alembon et d'Ermelinghen, mon fils aisné absent, certain fief et noble ténement nommé le fief du Pe......., acquis de monsieur le comte Lamoral, seigneur de Fiennes … à condition que s'il allast de vie par trépas sans dellaisser hoir vivant procréé en léal mariage, ledict fief retournera par ladicte forme de donnation testamentaire à ma fille Marthe, femme et espouze de Claude de Gauton, escuier, sieur de Moulon ou ses hoirs …Cy j ??? touttes les armes qui furent et appartindrent à mon fils Gédéon de Callonne. A madame de Caulincourt*, ma fille aînée … je lui donne une bague d'or garnie d'une pierre de diamant que mondit filz d'Alembon m'a envoyé du grand Caire d'Egipte … A ma fille de St Cler*, je lui donne une male avecq tout le linge qui est en icelle et qui fut et appartint à mondit filz Gédéon. A ma fille de Crespie, je lui donne tout le linge estant dans la malle près de mon lict. Et, à madite fille Marthe, lui ay donné et donne ung grand coffre de ba ??? estant audit château d'Alembon … A ma fille Suzanne, ay donné et donne la somme de xxxiij escus d'or sol, ung escu de rente … A Madamoiselle de Roch ????, je donne une robe de cha ??? et une coiffure de velours servant à une femme vesve. A Monsieur de Hesce, mon ???, ay donné et donne ung accoustrement complet de drap noir …
Le troisiesme de déc novembre mvc quattre vingts dix.

De Saint Rémy
Gédéon de Calonne, fils puîné est cité dans le terrier de Miraulmont en1592, ce qui donne une fourchette de décès 1582-1590.
La dame de Caulincourt est Anne de Calonne qui, veuve de Jehan du Plessy, a épousé en secondes noces Michel-Anne de ROUSSE, seigneur de St-Clerc, par contrat Dubuir, Boulogne, AD , le 19/01/1581. 4E48/107).

Quant au codicille du 05/12/1590, il m'interpelle mais je laisse aux éminents érudits qui mènent les échanges, le soin de l'interpréter :
Le cincquiesme jour de novembre mvc iiiixxdix, ladite dame … recommande audit sieur d'Alembon, son filz, ung joeusne enffant qu'elle n'at voulu nommer et luy sera no[mmé ?] par ladite demoiselle d'Alembon, sa sœur. Et sy, audit enffant, il serve de père et ait sa mère en recommandation, comme aussi luy recommande ladite Jehenne Pidanche, affin qu'elle trouve tant mieulx son party de mariaige.
De Saint-Rémy
Cordialement.
Alain


En complément, voici un essai (encore très imparfait au vu des difficultés de lecture, accrues dans les zones plus floues) de transcription de la fin du testament ainsi que du codicille:

Fin du testament:
[fol. 3 r°]
...
(6) soubz signez ... lad(i)te dame comparante
(7) le [troisi ?]esme de [un mot rayé] novembre MVc quattre
(8) vingts-dix.
K(atherine) de S(ain)t Remy. [Signature d’un notaire avec paraphe.]
[Signature de l’autre notaire avec paraphe.]

Codicille:
[fol. 3 r°]
(1) Le cinquies(me) jour de novembre MVc IIIIxx dix,
(2) ladite dame, pour ce comparante p(ar)d(evan)t
(3) lesdits nott(aire)s, en rattifiant le testam(ent)
(4) ... ... et amplifiant iceluy, a décl(ar)é,
(5) voeult et ordonne, estre délivré en mains
(6) de mad(emoisel)le d’Alenbon, sa fille, la so(mm)e
(7) de dix escus pour les [dolances ?] à estre
(8) où elle elle sçait bien en acqui(sition) de son
(9) consent(ement). Et a donné et donne à la
(10) susnommée Jehenne Pidenche certaine houche
(11) de bois à elle apparten(ant) ... ...
(12) ... ... le bois d... X°. Et
X° [en marge]...
... ... d’Alenbon
...
...
...
...
...
... d’Alembon
...
...
...
...
[signatures en marge]
(13) ... ... .., et p(ar)dessus
(14) [un mot rayé ?] so(mm)e acoustum(ée), la so(mm)e de dix
(15) escus pour en p(ar)tie le rescompenser
(16) des s(er)vices q(u’i)l luy a faict. Décl(ar)ant,
(17) oultre, qu’elle recommande aud(it) sire
(18) d’Allembon, son filz, ung joeusne enffant
(19) q(u)’elle n’at voulu nommer, et luy f(ai)re nom(mer)
(20) p(ar) ladite d(emoisel)le d’Alenbon, sa sœur [un mot apparemment rayé].
(21) Et sy, aud(it) enffant, il s(er)ve de père et
(22) ait sa mère en recommandation. Comme
[fol. 3 v°]
(1) aussi luy recommande ladite Jehenne
(2) Pidanche affin q(u’e)lle trouve tant mieulx
(3) son party de mariaige. Et, [un mot oublié tel que « oultre » ?] le sieur
(4) de ..., q(ue) lad(i)te dame avoit
(5) esleu pour son exécution testamentaire,
(6) lad(i)te dame a dénommé [un demi-mot rayé] les sieurs
(7) [un mot rayé] Bellengl(ise) et du M...,
(8) ses nepveurs, leur donnant sambl(able)
(9) don q(u’e)lle avoit faict à ceulx q(ue) ... dessus.
(10) Ens(em)ble p... et
(11) ...
(12) ...
K(atherine) de S(ain)t-Remy.
[signatures des deux notaires.]

L’enfant mentionné dans le codicille ne semble pas avoir encore un nom de baptême puisqu’il est précisé que c’est la « demoiselle d’Alembon », sœur de Jean/Alidore, qui va le « nommer », c’est-à-dire lui donner son prénom. Le fait que ce soit une femme qui doive donner le prénom paraît signifier que cet enfant était une fille. Le fait que ce prénom ne soit pas encore donné indique une naissance récente, mais pas forcément antérieure de quelques jours seulement : l’enfant, né hors mariage, a pu d’abord être ondoyé en l’absence de celui qui était peut-être son père, ou tout au moins qui était appelé à prendre cette fonction.
En tout cas, la teneur de cet acte n’implique pas que Jean/Alidore d’Alembon soit le père du nouveau-né, ni que la mère de celui-ci et Jeanne Pidanche, ou Pidenche, soient la même personne.

Le « sieur Bellenglise » est identifiable comme un fils de Claude du Hamel, sieur de Bellenglise, frère utérin de Jean de Calonne, l’époux de Catherine de Saint-Remy. Sa qualification de « neveu » (par alliance) de Catherine confirme que la mère de Jean de Calonne, Marie de Boubers, a bien épousé d’abord un Du Hamel, puis Philippe de Calonne.

Philippe Baccou.
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