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entry 27/01/2011 à 13:40
2007 : Un peu de Grenadine ?

Les Antilles, pour un métropolitain, c’est la Guadeloupe et la Martinique. Mais pour un Antillais, l’espace antillais est bien plus vaste que ces deux entités. D’abord parce qu’entre ces deux départements français se trouve la Dominique, au nord de la Guadeloupe on trouve Antigua, St-Kitts et Nevis, St-Martin et St-Barthélémy, St-Domingue, Haïti, Porto-Rico et Cuba, mais surtout au sud de la Martinique se trouvent l’île indépendante de Sainte-Lucie puis l’archipel de « Saint-Vincent et les Grenadines ». A l’est de l’ensemble de toutes ces îles formant l’arc antillais, c’est l’océan atlantique, tandis qu’à l’ouest c’est la mer des caraïbes. C’est cette destination qu’Hervé L’ETANG avait choisi de faire découvrir à un groupe d’amis sur un catamaran en mai dernier.

Nous sommes partis du samedi 5 mai (pas de problème pour aller voter, puisqu’aux Antilles on vote le samedi !) au lundi 14. Samedi : Le départ s’effectue au port du Marin, commune du sud de la Martinique, dotée d’une belle marina protégée par une rade. L’équipe découvre son bateau dans l’après-midi du samedi, un catamaran de treize mètres appelé « Alamanda 1» qui sera piloté par Nelly, notre capitaine. Dans chacun des deux flotteurs se trouvent trois espaces constitués de deux cabines avec salle de bain et d’une cabine simple, ce qui permet de loger jusqu’à dix personnes. Etant six à bord, nous avons donc un certain confort. Sur l’espace central reliant les deux flotteurs se situe un espace fermé - le carré - avec banquettes sous lesquelles est stocké une partie de l’avitaillement, une cuisine avec frigo, congélateur, four, évier et rangements nombreux ainsi que les instruments de navigation (cartes, radio et GSM) et l’accès à chacun des espaces de couchages. A l’arrière, un espace ouvert où nous passerons une grande partie du temps « hors manoeuvres » et « hors sommeil », notamment pour les apéritifs, petits déjeuners et repas qui ponctuent sûrement une journée antillaise.

Le dimanche matin, après avoir fait le plein de gasoil, d’eau et de glace (et accessoirement de champagne pour fêter nos vacances), nous levons l’ancre et au moteur sortons tranquillement de la marina d’abord, de la rade ensuite et affrontons doucement la haute mer. Le temps est un peu épais en cette matinée, les creux un peu importants mais quelques poissons volants viennent illuminer la grisaille en sautant de vague en vague. Rapidement, nous longeons les côtes occidentales de Sainte-Lucie, île très volcanique crénelée de criques accueillantes et protégées. Vers l’heure du déjeuner, au soleil retrouvé, nous mouillons à Rodney Bay. Nous en profitons pour prendre notre premier bain et pour nous rendre sous la coque pour y gratter les algues qui se sont accrochées et qui ralentissent notre allure selon notre skippeuse. Celle-ci s’avère être une petite bonne femme « montée sur piles », en permanence active et de très bonne compagnie, drôle et efficace tant dans les manœuvres (montée et descente des voiles, jet d’ancre, nettoyage du pont) que dans les activités domestiques (apéritifs, repas et plongées). Après nous être restaurés, nous faisons un petit tour au moteur dans la marina où des voiliers de toutes tailles somnolent aux appontages, puis nous remettons les voiles pour continuer de longer l’île de Ste-Lucie vers le sud.

L’après-midi se passe au soleil et, avant son coucher, nous mouillons à Marigot Bay où les palmiers protègent l’anse. Dès l’ancre jetée, des autochtones nous proposent déjà des langoustes, de la glace ou de l’eau douce, mais comme nous venons à peine d’entamer notre voyage, nos réserves sont pleines et nous déclinons leurs offres intéressées. Nous mangeons au soleil couchant, profitant de l’instant pour faire des photos du paysage et de quelques beaux bateaux qui nous entourent. Après une sommaire vaisselle (nous apprenons vite à économiser l’eau douce), la nuit est très calme, nous ne dérangeons pas le marchand de sable et nous endormons sans son secours car nous sommes fourbus par cette première journée de mer.

Le lundi matin, à la fraîche, nous levons rapidement l’ancre après déjeuner pour profiter au maximum de la journée. Nous poursuivons vers le sud où nous longeons la côte. Approchant des pitons, Nelly attache des cordes (des « boutes » dit-elle) dans l’eau afin que nous nous y accrochions pour être tirés par le bateau pour un bain rafraîchissant ; nous nous amusons comme des gosses dans l’eau en nous éclaboussant. Comme il se doit, l’eau est bleu marine. Après une demi-heure à s’être fait tirer ainsi dans l’eau, la plupart d’entre nous remontons sur le pont, sauf Pierre-André qui continue son bain matinal en tenant son boute. Et soudain, un grand coup de vent affole le bateau, Nelly rapidement remet le moteur car le navire se rap-proche dangereusement des côtes. Après avoir bu quelques tasses, surpris par l’accélération, le nageur se décide finalement à lâcher son boute, mais personne ne s’est rendu compte qu’il est resté à l’eau tandis que le voilier s’éloigne rapidement. Ce n’est qu’après une bonne minute que nous nous rendons compte qu’il manque quelqu’un : changement de cap immédiat pour récupérer l’ « homme à la mer ». Rien de grave pour le rescapé ! Bien au contraire, sa mésaventure devient l’objet de plaisanteries amicales car la bonne humeur est générale !

Nous repartons alors cap au sud vers St-Vincent. Dès que l’on s’éloigne des côtes, notamment dans le « canal » entre Ste-Lucie et St-Vincent, la mer devient plus houleuse, les creux sont plus marqués, mais nous voguons à environ 8 nœuds par heure selon les instruments de pilotage. Qui dit mer agitée dit visages un peu moins enjoués, plus blêmes, accompagnés de quelques rejets intempestifs de nourriture… Franck a tendu une ligne de pêche à l’arrière de chacun des deux flotteurs, mais malgré quelques « touches », aucun poisson ne viendra s’y faire prendre ! Entre deux surveillances de ses lignes, Franck s’avère être un bon auxiliaire pour la capitaine, toujours prêt à participer aux manœuvres, à hisser ou descendre la voile ou l’ancre. Nous longeons à présent l’île de St-Vincent, l’île volcanique est très sauvage, difficile d’accès car de nombreuses falaises plongent directement dans la mer ; de plus, certains secteurs ne sont pas réellement accessibles au tourisme, notamment parce que des « locaux » y cultivent quelques plantes interdites qui font rire et souhaitent y vivre tranquillement et sans témoin dans les volutes de leurs fumées euphorisantes.

Nous mouillons l’ancre à Bequia (prononcez « bé-coué »), plus précisément près la ville de Ste-Elisabeth où le sable est très blanc, évidemment planté de palmiers : nous vivrons ainsi plusieurs jours dans des images de cartes postales. Nous descendons à terre avant le repas, le marché aux légumes est très coloré, nous prenons un rhum de la Barbade en apéritif avant de remonter sur le catamaran où Nelly nous a préparé des bananes gratinées et un poisson en sauce excellents. Les plus courageux, après la vaisselle, terminent la soirée autour d’un scrabble avant de rejoindre leur couchette. La nuit sera calme, à l’exception d’un bref et violent coup de vent qui réveille tout l’équipage quelques instants.

Première levée en ce mardi, Nelly s’affaire pour les opérations de douane tandis que les lève-tard prennent leur petit déjeuner. Là encore, dans la baie, des locaux proposent du fuel et de l’eau potable en accostant avec de petits rafiots autour des bateaux de tourisme, tandis que sur la plage des vendeuses ont déjà tendu leur fil pour y accrocher des t-shirts et des paréos pour leur commerce et attendent les clients. Hervé s’affaire autour d’un crumble aux bananes et aux pamplemousses qui constituera un excellent dessert pour le déjeuner et chacun vaque à des occupations domestiques. Un dernier bain dans la baie et nous levons l’ancre vers 10h00. Il fait une température de 28°C, le vent est à 20 nœuds et, après avoir fait le plein de fuel, nous partons, cap plein est, pour longer Bequia en observant des constructions plus ou moins abandonnées dans les falaises. A défaut d’accueillir des touristes, elles constitueront d’excellents repaires pour les nombreux oiseaux et pour quelques squatteurs.
Après avoir dépassé l’extrémité occidentale de l’île, nous changeons de cap pour voguer plein sud, nous tendons alors la grand-voile et le génois, destination l’île Moustique. Sur le parcours, nous passons entre l’île de Petit-Nevis et l’île-à-Quatre qui sont inhabitées et donc restées très sauvages. Certains d’entre nous apprécient le confort relatif du filet qui est tendu entre les deux flotteurs à l’avant, en étant trempés par les nombreux embruns et quelques paquets de mer et en sautillant à chaque nouvelle vague. D’autres commencent la pratique de la sieste vespérale sur le pont. Moustique apparaît peu à peu devant nous et nous voyons, aux sommets des crêtes, de grosses constructions blanches, signes de l’opulence de quelques résidents comme feue la princesse Margaret d’Angleterre ou Mick Jagger qui y ont eu un pied à terre. Arrivés au mouillage, nous mettons masques et tubas pour une exploration marine qui nous déçoit un peu car le corail a subi les outrages de plusieurs ouragans et s’avère très abîmé.

Après avoir mangé sur le bateau (le crumble notamment), nous louons un « mini mok » pour faire le tour de l’île. Nous découvrons effectivement de très belles maisons, parfois cachées dans des propriétés protégées des intrus par des barrières ou des agents de sécurité assez dissuasifs. Plus loin, nous verrons aussi les habitations du personnel attaché à ces grandes maisons qui eux, vivent dans des conditions moins agréables, comme parqués dans des espèces de zones dortoirs… Nous découvrons aussi de très grandes plages face à l’océan, notamment celle de Macaroni Bay. Ca monte, ça descend, de très belles vues de baies et quelques photos à faire. Régulièrement, nous nous arrêtons pour laisser passer des tortues terrestres qui prennent leur temps pour traverser la route. Nous buvons l’apéritif dans un des très rares bistrots ouverts et nous repartons sur le bateau avec l’«annexe », nom du bateau gonflable qui nous permet de rejoindre la terre lors des escales. Le repas du soir est composé de pâtes et d’un colombo de poulet. Mais Hervé s’affaire déjà à préparer une pâte à crêpe pour le lendemain pendant que Christian est de corvée de vaisselle, puis chacun rejoint sa couche après un rhum vieux (digestif).

Toujours levée la première, Nelly est allé chercher du pain frais à la boulangerie locale. Après un copieux petit déjeuner dont les crêpes agrémentées de confiture et de cassonade ont constitué le summum, nous quittons Moustique pour aller en direction sud sud-ouest vers Canouan. Nous en longeons la plus grande île sans y accoster. Sur le sommet, ceux qui ne font pas la sieste remarquent une imposante maison qui dispose d’un panorama à 360 °. Selon notre capitaine, il s’agit d’une propriété appartenant à des familles italo-américaines à forts (et discrets) revenus qui achètent « à peu près tout » avec l’argent blanchi de leurs trafics et qui y mènent ainsi une vie de pachas. Nous les laissons à tribord et continuons vers un chapelet d’îles appelées les Tobago Cays.

Alors commence réellement la féérie ! A fleur d’eau, ce ne sont que des petites îles, des plages de sable blanc, des cocotiers et des cactus, des fonds bleutés parsemés de couleurs différentes qui proviennent des algues, des rochers ou des différences de profondeur du fond. Après avoir circulé en serpentant entre les îlets, nous mouillons à une cinquantaine de mètres d’une plage dans une eau transparente. Déjà, des autochtones circulent en barque rapide pour nous proposer des poissons ou des bijoux. Nous sommes tellement pressés de voir les fonds marins que nous déclinons leurs produits pour enfiler masques, tubas et palmes, nous sautons dans l’annexe pour rejoindre la barrière de corail située plus loin. A peine plongés, nous découvrons toutes sortes de poissons aux couleurs invraisemblables. Arrivent à quelques mètres des barracudas qui nous ignorent superbement au mépris de leur réputation redoutable. Plus loin, un inoffensif requin nous fuit également. Des raies circulent en couple sous notre bateau. Même les moins férus de plongée se régalent ! Après cette exploration formidable des fonds marins pendant plus de deux heures, nous nageons tranquillement vers une petite île où les iguanes pullulent. S’il n’y avait eu l’incident d’un pied malencontreusement posé sur un oursin par Annick, cette journée aurait été parfaite ! De retour sur le bateau, nous attaquons un « planteur » préparé par l’incontournable Nelly, puis reprenons des forces par un repas vite avalé car chacun est pressé d’aller faire dodo pour un sommeil réparateur au cours duquel chacun rêvera de cette faune et cette flore fantastiques découvertes ici.

Ce jeudi au réveil, la mer clapote doucettement sur les flotteurs et il fait encore très beau. Dès le petit déjeuner bu, nous reprenons l’«annexe » pour rejoindre « le tombant », là où la barrière de corail longe dans l’océan. Annick reste sur le bateau ce matin pour soigner son pied constellé de pointes d’oursins. A peine les nageurs sont-ils dans l’eau que les tortues marines s’enfuient à leur approche tandis des milliers de petits poissons multicolores les entourent sans crainte. Des raies filent un peu plus bas et les algues présentent des reflets irisés au soleil dans une mer doucement agitée et illuminée par le soleil levant.

Tobago Cays et ses cactus
Plus tard, nous explorons l’île la plus proche dans l’indifférence des iguanes qui somnolent sur les branches sans se préoccuper de notre présence. Revenus sur le catamaran, nous levons l’ancre pour un autre îlet situé à proximité et qui s’appelle Petit-Bateau. Des pêcheurs locaux ont ramassé les conques de lambis qu’ils ont disposés en tas sur le bord de mer. Nous accostons et allons sur l’île. Arrivés au sommet après une marche d’un quart d’heure environ, les Robinsons observent le lagon que forme la barrière de corail, avec ses variations de couleurs magnifiques. En redescendant, un pacifique iguane (pléonasme, car l’iguane est un animal toujours pacifique ici) peaufine son bronzage en prenant le soleil sur une branche, puis prend son temps pour passer tout près de nous en nous observant à son tour sans crainte, prenant même la pause pour se faire tirer le portrait puis disparaissant sous quelques cactus et broussailles épineuses.

Plus tard encore, nous reprenons le bateau pour aller sur l’îlet Petit-Tabac sur lequel nous serons seuls pour finir la journée sur le sable blanc. Enfin, encore une autre île un peu plus loin appelée Petit-Saint-Vincent, îlet montagneux sur lequel se trouve essentiellement un hôtel de luxe. Les plages qui le bordent sont aménagées avec des petits carbets (abris) avec hamacs et nous décidons d’y aller faire une promenade avant de dîner. A peine sommes-nous arrivés sur le ponton qu’un gardien nous signale sans précaution oratoire que nous devons rester sur le sable : nous comprenons avec notre anglais rudimentaire que l’île a été entièrement louée pour la semaine et qu’il n’est pas question d’y pénétrer ! Cet « accueil » restera heureusement unique. Nous resterons donc presque sagement sur le sable, jouant comme des enfants à constituer à Christian (qui est chauve) une « perruque » constituée d’algues d’un vert fluorescent.

De retour sur le bateau, nous dinons rapidement et allons nous coucher, laissant sécher les maillots de bain et les serviettes sur les bastingages.

Ce vendredi matin, l’eau est calme mais la nuit a du être venteuse car un maillot de bain, sans doute mal attaché, a disparu ! Après le petit déjeuner, nous allons avec l’annexe et au moteur sur l’îlet de Mopion (nous avons toujours dit « morpion » !) assez étonnant : l’altitude maximale doit être de 50 centimètres et sa surface de quelques dizaines de mètres-carrés seulement ! Il paraît que cet îlet se déplace régulièrement en fonction des vents et des courants ! Quelques pousses de palmiers y ont été plantées et une espèce d’abri fait de poteaux de bois recouverts de palmes de cocotiers a été construit de façon artisanale. Dans le lagon qui encercle et protège ce minuscule îlet, nous voyons encore quelques spécimens de poissons, de nombreux coraux dont des gorgones magnifiques. Après une heure de pataugeage et de farniente, nous revenons sur le bateau, sortons de la passe du lagon et mettons la voile vers Palm Island. Cette île est essentiellement occupée par un hôtel de luxe où des touristes sont vautrés dans des transats interdits aux non-clients. Le sable est d’une telle blancheur que nous devons retourner au bateau chercher des lunettes de soleil et des casquettes pour nous protéger de l’aveuglement. Nelly, toujours affairée, est restée sur le catamaran pour préparer une tarte au piment dont la recette provient d’Hervé, ainsi que diverses autres choses que nous dégusterons après l’apéritif.

Après le déjeuner et une bienheureuse sieste, nous reprenons la voile pour nous diriger vers Union. Le ponton d’accès y est très abimé et avec les vagues, notre bateau le soulève avec force craquement des planches. C’est l’occasion d’utiliser avec profit les « pare-battages », sortes de gros boudins en plastique destinés à éviter les frottements de la coque sur ces planches pourries. Nous faisons le plein d’eau douce et de glace, puis allons faire un tour dans le bourg. Les maisons y sont fraîchement repeintes de couleurs vives et chaudes qui donnent un cachet particulier au cœur du village. Les habitants sont eux aussi chaleureux, tout heureux de nous proposer des légumes-pays dont nous ferons d’ailleurs également provision pour la fin du voyage. L’eau est rare sur l’île, aussi chaque maison dispose d’une citerne pour récolter l’eau de pluie. Compte tenu de l’appontement fragile, nous prenons la décision d’aller mouiller plus loin dans la baie plutôt que de rester au quai où nous avons compris qu’on ne manquerait pas de nous demander de payer la réparation du ponton.

Après une toilette également réparatrice, nous décidons d’aller au restaurant. Nous avons de la chance, car le repas se déroule sous la voix mélodieuse d’une chanteuse cubaine accompagnée d’un musicien portoricain qui alternent salsas, zouks, bat chattas et autres rythmes, nous incitant à la danse entre les plats. Tout le monde s’amuse beaucoup, changeant de cavalier à chaque danse. L’ambiance festive ne prédispose pas à retourner au bateau, aussi après le repas nous poursuivons la soirée en ville ; dans un bar avec la musique « à pleins tubes », ça sautille dans une atmosphère emplie de fumées planantes des cigarettes « qui font rire » et certains locaux semblent en pleine extase délirante. Inutile de préciser que retournés au bateau, personne ne traîne à aller se coucher.

Ce samedi, après le petit déjeuner, nous sortons du lagon d’Union pour aller à quelques encablures de là, à Mayro où une nouvelle plage idyllique nous accueille. La plongée n’est pas aussi spectaculaire que celle des jours précédents (peut-être sommes-nous déjà un peu blasés) mais nous nous trouvons subitement au milieu d’un ban de daurades tournoyant autour de nous, tandis qu’un peu plus loin ce sont des poulpes étonnamment alignés en diagonale qui nous observent sans bouger ! Le reste de la matinée se déroule tranquillement sur la plage pour les uns tandis que d’autres montent le morne jusqu’à la petite église du village.

Pour le déjeuner, nous étrennons notre barbecue de bateau avec des poulets boucanés (fumés) et grillés. La vaisselle terminée, nous levons l’ancre car il faut déjà songer à reprendre la route du nord pour le retour.

Plusieurs options se présentent à nous : nous renonçons à voyager de nuit, tant pour l’égoïste confort des passagers qui veulent dormir sans le bruit du moteur que pour le respect que nous devons à notre infatigable Nelly qui n’a cessé de s’activer depuis plus d’une semaine. Nous remontons jusqu’à ce que le soleil se couche et nous accostons de nuit dans la toute petite baie de Cumberland Bay dont le ponton est, lui aussi, en très mauvais état. A peine arrivés, une lumière s’allume un peu plus haut et Nelly retrouve un de ses amis Marcy qui tient absolument à nous accueillir dans son espèce de bar. Pour la première fois de notre vie (et nous craignons que ce ne soit la dernière), nous goûtons un rhum à … 85° ! On le sent bien descendre dans l’estomac, celui-là ! La nuit sera profonde ensuite.

Au petit matin, ce sont des cris d’enfants qui nous réveillent par un jeu un peu cruel où ils s’amusent à jeter à l’eau un pauvre chien avec forces rires. Le petit déjeuner avalé, nous explorons le fond marin, mais sommes obligés d’y renoncer rapidement à cause de planctons irritants qui ont décidé de nous gâcher le plaisir d’une dernière plongée. Nous montons alors à pied vers le bourg, et ça monte dur ! La route est taillée à vif dans la roche, chaque voiture qui passe nous salue de son klaxon et d’un signe de main amical du conducteur. La végétation est luxuriante : nous cueillerons des mangues, des papayes en redescendant.

Dans le village, à l’ombre des arbres ou d’une terrasse, les habitants vaquent à leurs occupations. En ce dimanche, on entend aussi les chants religieux car il n’y a pas moins de deux offices dans deux temples situés à moins de cent mètres l’un de l’autre. Mais le temps nous est vite compté et nous devons redescendre pour reprendre le bateau. Sur le chemin du retour, nous voyons au cimetière des stèles sculptées très originales qui sont sensées raconter la vie du défunt qu’elles protègent et qui sont fabriquées en béton par un artisan local.

Il nous faut repartir et reprendre encore la route du nord. Les passagers sont un peu mélancoliques, d’autant plus que la circulation maritime est très faible car nous ne croiserons que trois cargos et deux voiliers de tout l’après-midi. Le temps s’y met aussi qui nous donne un horizon assez bouché, entretenant la nostalgie de ces quelques jours merveilleux. Certains renouvellent le plaisir de la sieste, mais soudain, c’est l’explosion de joie car un ban de dauphins vient nous saluer avec des petits cris stridents et nous gratifient d’un ballet autour des coques du bateau ! Certains d’entre nous ont les larmes aux yeux par le spectacle qui nous est offert. Nous arrivons alors que la nuit est déjà tombée à Rodney Bay. Par chance, c’est le dernier jour du festival de jazz local et, pour notre dîner, nous sommes accompagnés d’une musique d’ambiance bien agréable, ponctuée en final d’un feu d’artifice géant, de quoi remonter le moral si cela était nécessaire ! D’ailleurs, nous déboucherons notre dernière bouteille de champagne pour clôturer notre dernier repas.

Il nous restera quelques heures de mer à faire avant de rejoindre notre chère Martinique, les yeux pleins de nostalgie pour ces quelques jours exceptionnels de vacances, la tête pleine d’images de merveilleux paysages, de la flore et de la faune marines dans ces décors idylliques, ces chapelets d’îles, ce soleil qui ne nous a jamais fait réellement défaut et cette mer si pure et d’un bleu si intense ! Notre seul regret : nos photos sous-marines sont un peu ratées !


Et désolé, les photos ne sont pas apparues lors du transfert sur ce blog mad.gif

 
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